BEYROUTH (Reuters) - Le Hezbollah exige de connaître les responsables des tirs qui ont tué huit militants de l'opposition dimanche à Beyrouth, au cours de violences qui comptent parmi les plus graves depuis la fin de la guerre civile libanaise en 1990.
Le parti chiite pro-syrien, principale formation de l'opposition, a estimé que toute dissimulation des faits serait une "menace à la stabilité et à la paix civile" au Liban.
Selon une source proche de l'opposition, les victimes étaient membres soit du Hezbollah, soit du mouvement chiite Amal. En outre, au moins 29 personnes ont été blessées.
Les échauffourées ont gagné en intensité après la mort d'un premier militant, membre du mouvement chiite Amal, alors que l'armée intervenait pour disperser une manifestation organisée contre les coupures de courant à Mar Makhaeïl, dans le sud de la capitale libanaise.
"Est-ce que ceux qui sont tombés en martyrs et qui ont été blessés l'ont été par des balles de l'armée et si c'est le cas, qui a donné l'ordre aux soldats de tirer?" a déclaré le Hezbollah dans un communiqué. "Ou était-ce une autre partie, et qui était-ce?"
Le mouvement a souligné qu'il tenait les autorités pour responsables de "chaque goutte de sang versée".
Des témoins ont déclaré que les soldats avaient tiré pour disperser la manifestation. L'armée, dont le chef est pressenti pour devenir le prochain président du pays, a lancé une enquête.
Le chef d'état-major, le général Michel Souleïmane, et le président du Parlement, Nabih Berri, ont promis une enquête "rapide et sérieuse" de l'armée, dit-on de source politique.
Une neuvième personne a trouvé la mort dans le sud du Liban, percutée par une voiture pendant une manifestation de protestation contre la mort des militants, a-t-on appris de sources proches de la sécurité.
JOURNEE DE DEUIL
Le Hezbollah et Amal ont décidé d'organiser des obsèques séparées lundi pour leurs militants tués, afin d'éviter des funérailles massives qui pourraient alimenter encore les tensions.
Les écoles et universités ont été fermées pour marquer un jour de deuil à l'appel du gouvernement.
Le dirigeant druze Walid Djoumblatt, chef de file de la coalition pro-gouvernementale, a déclaré que les morts démontraient que les manifestations sont futiles et dangereuses.
"Il est temps de reprendre le dialogue (...) La rue ne peut offrir de solution, elle entraîne de dangereux résultats qui pourraient mener le pays à des dangers qui pourraient échapper à tout contrôle", a-t-il dit.
Le Liban n'a plus de chef d'Etat depuis novembre en raison des désaccords entre la majorité et l'opposition, même si les deux camps se sont entendus sur le nom du général Michel Souleimane, le chef de l'armée, réputé pour sa neutralité dans le conflit politique.
Son élection par le parlement a été reportée à maintes reprises en raison des divergences entre les deux camps sur la composition d'un futur gouvernement.
Le commentateur Sateh Noureddine souligne que toute indication selon laquelle l'armée aurait une responsabilité dans la mort des militants tués dimanche menacerait sa réputation de neutralité qui a permis de garantir la paix civile depuis 1990.
"Dans notre histoire, le premier signal d'une nouvelle guerre civile est la perte de confiance dans l'armée libanaise", a-t-il dit à Reuters.
Version française Jean-Stéphane Brosse

Liban
Toute l'actualité du Liban






Copyright © 2008 Yahoo! Tous droits réservés.